vendredi 19 novembre 2010

NATURE : TOUT PEUT CREVER, LES COFFRES SE REMPLISSENT.


Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant
N'enlève à vos attraits ce volume étonnant.
Au temps où les faux culs sont la majorité,
Gloire à celui qui dit toute la vérité.

Georges Brassens. in Vénus Callipyge.



C'est un sympathique bois de pins à l'entrée - ou bien la sortie si vous circulez dans le sens opposé. Hé au fond, faut suivre !!!  - d'un petit village sud-ardèchois, niché dans un vallonnement qui sent les Cévennes proches. Un petit village aussi sympathique que sa grande pinède pentue, avec son église, sa mairie et ses habitants à l'accent chantant qui devine la Provence proche ; un concentré de bonne humeur toujours disponible pour un bon mot qui va au moins  c'est sur, refaire l'histoire locale. Tout autour du vieux bourg les résidences principales ou celles de vacances aux volets clos qui semblent mortes durant les frimas de l'hiver sont cernées de haies taillées sans épis, de verdures bien tondues sur lesquelles sont garés de somptueux 4x4 aux couleurs métallisées qui jettent des reflets sous le soleil d'un après-midi de douceur. Alors tout va très bien...

Et bien non !!! Pas d'accord, dégouté de l'indolence, de l'apathie qui gère notre quotidient.  Cette ambiance faux cul crasse qui lève la tête pour ne rien voir, éviter ces déchets qui parsèment nos rues nos campagnes et nos forêts. Bonne façon pour éviter les reproches. "Collègue garde à droite je garde à gauche et le premier qui parle encore d'écologie aura la langue coupée et sera banni du village". Bien parlé Messieurs les élus locaux : que votre règne continue sans interruption, que votre vue reste voilée devant la vaste poubelle qui envahit la nature, que votre volonté soit faite et connue jusqu'à la cour du royaume. Des fois qu'il vous resterait une modeste place pour tenter  votre  chance aux scrutins prochains. Grisez votre égo pour nous faire croire une fois de plus que tout ça n'est pas vrai, ce que notre regard superficiel déplore n'est qu'une vue déformée de la réalité vraie. Nous emplifions, nous exagérons, nous ne sommes que galéjades le soir au café du commerce, paroles de trop de temps libre évidemment. La vie ce n'est pas ça nous disent-ils : les usines doivent produire encore plus - Mais Où et dans quel pays ??? - et le commerce vendre sans répit - n'oubliez pas de trier vos déchets - .



J'ai enfin compris en marchant sous ces arbres odorants et en baissant les yeux sur la vaste poubelle à ciel ouvert, au milieu des pommes et des aiguilles de pins. J'ai compris qu'une majorité se fout de la vie des autres et de celle des générations futures, seuls comptent l'épaisseur du portefeuille, le patrimoine à léguer aux héritiers ; peut importe dans quel état sera ce patrimoine, la jouissance ne souffre aucun retard, elle doit être immédiate.



Bravo. Alors crevons ensemble. La nature reconnaitra les cendres !!!


2 commentaires:

  1. Oui, nous crevons de la vue à court terme. Écologie et capitalisme sont à mon avis inconciliables. A quand le virage ?

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  2. Absolument d'accord. Quand au virage il a tout intérêt à être rapide sous peine de dégats irrécupérables. A+

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